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La métamorphose d’une maison des années 30 revisitée par un couple de créatifs #PARIS19e

Nadine est artiste et professeur d’Arts Plastiques, Thomas est architecte. Alors qu’ils habitent un loft, situé dans le 20e à Jourdain, ils projettent de déménager. En balade dans leur futur nouveau quartier le weekend, ils en tombent amoureux. Il trouve cette maison 1930 et c’est le coup de coeur.
Entretien du 30 avril 2015 par Marie-Estelle You. Photos NR



INTERVIEW

Nadine, pourquoi avoir choisi de vivre dans l’Est Parisien?

Je travaille près d’ici (mes élèves et leurs parents habitent aussi aux alentours). Je vis dans le quartier depuis 17 ans, d’abord près de Jourdain, dans le 20e, puis dans cette maison dans le 19e. Cette maison et cette rue, c’est le fruit du hasard d’une ballade un weekend, un coup de coeur pour le quartier. Dès la semaine suivante je regarde si je trouve des maisons à vendre, et je tombe sur 4 annonces dans la même rue! Nous avons visité les quatre, et pour celle-ci, je n’avais pas encore vu tous les étages que j’étais déjà conquise.

L’ambiance de votre quartier, vos voisins ?

Je dirais que c’est un milieu arty, mais pas bobo. Plutôt des artisans, des techniciens du cinéma, des gens qui ont acquis leurs biens il y a longtemps, à une époque où le quartier n’était pas encore très « sexy ». Chacun est chez soi, mais on est contents de se croiser dans la rue, aux fêtes de quartiers. C’est un voisinage agréable.

Le quartier a changé depuis votre arrivée?

Oui, ces quartiers sont toujours en pleine mutation. Il y a 10 ans c’était très différent. L’ambiance du quartier Oberkampf s’étend progressivement, remonte à Ménilmontant, Pyrénées, et petit à petit jusqu’à la Place des Fêtes. Avec l’arrivée du tramway, les choses bougent encore. Ca reste malgré tout un quartier encore abordable pour des jeunes couples.

Parle-nous un peu de cette maison où vous vivez.

C’est une maison typique des années 30, elle fait partie d’un îlot situé entre les rues Paul de Kock et Emile Desvaux. Au départ un lotissement de maisons devenues des maisons individuelles réparties sur 2 rues.

Lorsque nous avons acheté la maison, elle était « dans son jus ». Il n’y avait pas eu de gros changements depuis 1928, elle avait été habitée par une famille. Il fallait de l’imagination, une capacité à se projeter pour la moderniser. Tout était très cloisonné, mais il n’y avait pas de murs porteurs (un grand pilier monte à 10m de haut au centre de la maison), nous avons donc pu supprimer de nombreuses cloisons. Par exemple, au 1er étage où se trouvaient pleins de toutes petites chambres, nous avons créé un grand espace ouvert, au RDC, où se trouvaient une grande entrée, une buanderie et un garage, nous avons réduit l’entrée, et transformé le reste de l’espace en une grande pièce de vie avec une cuisine ouverte dont les portes vitrées donnent sur une mini terrasse sur rue. L’étage des enfants est resté plus intact. D’une manière générale, nous avons gardé les éléments anciens qui donne du caractère à la maison : les rampes d’escaliers ont été décoffrées, les nombreuses alcôves sont restées en place (dans la chambre de notre fils son lit est installé dans l’ancienne alcôve de salle de bain), une belle baignoire sur pied vert jade cachée sous une frisette moisie (dans la salle de bain de notre fille), la structure en métal et verre de la buanderie accueille notre plan de cuisson et de vieux ustensiles de cuisine. Il y avait aussi déjà de très nombreux placards, par exemple dans la cuisine un grand placard électrique.

Des regrets, des envies concernant cette maison?

Ah non, aucun regrets, c’est un lieu qui ressemble à une maison de vacances, il y a de « bonnes ondes » dans la maison, je suis plutôt contemplative, et je suis toujours en train de poursuivre sa rénovation, sa personnalisation. Récemment j’ai apporté de la couleur dans le salon : l’ancienne cheminée est devenue rose et orange, pour répondre aux couleurs de notre grand tapis moldave fleuri (une trouvaille sur le marché de la Place des fêtes!).

Pas de regrets non plus en ce qui concerne le quartier, j’y suis bien, j’aime sa grande mixité sociale, c’est mon quartier de vie. J’y vois aussi grandir mes élèves au fil des années. J’y suis attachée.

Une pièce préférée dans la maison?

J’ai une petite préférence pour la cuisine au RDC et son mini jardin sur la rue, mais j’aime la maison dans son ensemble et ses détails.

Quels sont tes objets préférés autour de toi?

Je suis une grande fan de tissus, il y en a des piles un peu partout, j’adore tous mes bouts de lin.

Il y a mon massacre de bubale. Il me suit depuis que j’ai l’âge de 10 ans (à l’époque je vivais en Afrique, cet objet m’est très cher, il a appartenu à mon frère).

J’ai beaucoup de pièces des Tsé Tsé, j’aime leur travail et je ne m’en lasse pas.

Il y a bien sûr ma machine à coudre !! Pour finir (par ce qu’il faut choisir) mon plaid réversible dans le salon (une de mes créations) et puis mes bouts de bois trouvés dans la nature (l’un trouvé à moitié enseveli il y a 20 ans).

Quels produits ou marques locales (Est parisiennes) trouvent-on chez vous?

Des créations des Tsé-Tsé et de Maison Georgette, Paris 11e. Les créations de Zoé Rumeau, Montreuil. Des pièces de taxidermie de la Boutique Chardon (Paris 11e).

Des créations que tu aimerais t’offrir, dont tu rêves?

Une lampe de Céline Wright (Montreuil), j’aime aussi les créations de LZC (Montreuil).

Quels autres quartiers fréquentes-tu en dehors de celui-ci?

J’aime de plus en plus me balader à pieds dans Paris, aller d’un quartier à l’autre. J’aime le Haut Marais avec toutes ses galeries (La Galerie Kirsten Grave, la Galerie Serge Bensimon….), ou encore faire un tour chez Merci ou Bonton. J’aime toujours la rue de Belleville, aussi le square Serge Gainsbourg, ou encore remonter la rue Ménilmontant… Il y a aussi Le Pré Saint-Gervais que je découvre et apprécie de plus en plus. J’y vais aussi à pieds de chez moi. Avant j’allais beaucoup à Jourdain, maintenant je vais plus Porte des Lilas. Ce sont des changements apportés par le tram, l’arrivée du cinéma l’Etoile et son restau sur son toit où nous allons boire un verre de temps en temps.

Comment définirais-tu l’Est parisien?

Multiculturel, mixte au niveau social, pas trop « boboïsé », encore authentique et populaire dans de nombreux quartiers. On y fait des rencontres incroyables. Par exemple cette vielle dame rencontrée récemment dans un restau marocain du Pré qui le fréquente depuis 20 ans.

Spontanément, l’Est parisien alternatif?

Tous les petits bars de Ménilmontant.

Spontanément, l’Est parisien solidaire?

A travers mon métier d’enseignante, je m’inscris dans cette dimension solidaire, je connais les jeunes et les familles du quartier. C’est une dimension humaine importante.

Une personne locale que tu aimerais faire connaitre?

Julie B. Bonnie (1er prix Fanc 2014)Artiste aux multiples talents: musicienne, écrivain… Elle vient de sortir son 2ème roman que je recommande (« Mon amour » publié chez Grasset).


Métamorphose d'une maison des années 30 Paris 19e, entree-verriere-cuisine

Métamorphose d'une maison des années 30 Paris 19e, chambre-parents-détails

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Portrait

Nadine a grandit en Afrique pendant 10 ans, puis est entrée en internat pour suivre ses études dans une petite ville des Vosges.Elle a ensuite vécu à Strasbourg enchainant Prépa Arts Plastiques et CAPES avant de finir par s’installer à Paris. Nadine est issue d’une famille « d’ouvriers créatifs » qui ont toujours fabriqué des objets en tous genres, des bricolages conçus à partir de récupérations (poubelles, vides-greniers, … un esprit recyclage avant l’heure). L’amour des tissus et de la couture se transmet de mère en fille dans la famille. Il y a d’ailleurs des piles de tissus dans tous les placards, le textile, c’est une de ses grandes passions, la cuisine suit juste après. Faire à manger pour les autres, elle adore, c’est un cadeau qu’on fait à ceux qu’on aime. (Encore une passion transmise à sa fille).

Nadine coud depuis le lycée (elle faisait ses vêtements avec des tissus et des tapisseries trouvés chez Emmaus). Elle a ensuite cousu toute la garde robe de sa fille jusqu’à ses 10 ans.

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A la fin des années 90, Nadine lance, avec une copine, une première petite ligne enfant « Petit Wandou » : bavoirs, doudous, et autres objets textiles. En 2003 elle redémarre l’aventure avec « Bourre et Bourre et Ratatam » et une très belle collection de doudous, peluches en patchwork de tissus. En 2015, elle relance cette ligne et réalise des pochettes, des coussins, des plaids, des écharpes, des vêtements enfants…

Le carnet

Tes commerçants de quartier dans l’Est Parisien?

  • La Brulerie de Belleville où j’achète mon café
  • Le marché rue du télégraphe est top (boucher et fromager bio)
  • Mon Lidl de quartier où j’achète plein de bons produits régionaux d’Alsace (j’y vais toutes les semaines remplir mon caddy)
  • Dans le 20e, rue Ménilmontant j’ai mon primeur favori
  • Près du square de Pixérécourt (entre la rue Hélène Jacubowicz et la rue Pelleport) il y a mon super boucher et une très bonne boulangerie.

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Quels sont vos QG dans le quartier?

On continue à aller dans les bars de Jourdain (on habitait à coté).

Un lieu épatant pour dîner ?

  • Le Mama Shelter, en face de la Flèche d’or, au 109, rue de Bagnolet .

Un lieu où inviter des amis à dîner??

  • Le Little-Hanoï, 9 rue de Mont-Louis, métro Philippe Auguste, Paris 11e.

D’autres bons restaurants?

  • Les restos vietnamiens de Belleville (par exemple Chez Yu au n°40, ou Tin Tin au 17 rue Louis Bonnet en face de Dong Huong…)
  • Le petit restau Cyclo au 78 de la rue de Belleville.
  • le restaurant le Zéphyr au 1, rue du Jourdain
  • Le restau couscous dans une des rues principales du Pré (Au Royal Couscous au 39, rue André Joineau – 93310 Le Pré Saint-Gervais)

Un lieu où boire un verre ?

Un bar de la rue de la Villette.

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Un lieu insolite dans l’Est Parisien ?

Rosa Bonheur dans le Parc des Buttes Chaumont.

Des événements locaux que vous recommandez ?

On aime les repas de quartier. J’y retrouve mes élèves et leurs parents.

Pour une sortie en famille vous proposez quoi ?

  • Le Bois de Vincennes, j’y suis allée des centaines de fois avec mes enfants, au milieu du bois avec une couverture pour buller ou pique-niquer.
  • La Butte du Chapeau Rouge pour y faire des croquis.

Un lieu urbain que vous trouvez intéressant, beau, ou particulier?

Le 104!! J’y vais souvent, y compris en sortie thématique avec mes élèves.

Un lieu où pratiquer des activités de loisirs dans l’Est Parisien ?

Près de chez moi, il y a les Buttes Chaumont, et la Piscine Pailleron.


C'est où ?